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L’islam et l’altérité

En tant que musulmans, nous définissons l’Autre comme étant l’adepte de doctrines distincte de la nôtre, voire comme étant le non Musulman, qu’il s’agisse de l’adepte d’une religion monothéiste antérieure à l’islam (Judaïsme ou Christianisme), ou qu’il s’agisse de l’adepte d’une doctrine positiviste.[1]

L’islam a défini l’Autre comme différent et non comme ennemi ou comme antagoniste ; la différence est importante : lorsque l’on traite avec celui qui est différent, on ne nie pas ses qualités humaines et on ne met pas l’accent sur les aspects antagoniques, mais on détermine avec précision les différences et les points de divergences. [2]

L’islam connaît, reconnaît l’altérité et coexiste avec elle non comme une réalité dont il ne saurait se départir, mais parce que cette connaissance et cette reconnaissance découlent des lois universelles du Créateur de l’univers et de Sa volonté existentielle (takwîniyya).[3]

La pluralité, la diversité et la différence ne caractérisent pas seulement les peuples, les groupes, les langues et les origines, mais également les lois, les religions, les cultures et les civilisations.[4] Dieu ne dit-Il pas : {A chacun de vous Nous avons donné une Loi et une Voie. Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté, mais Il a voulu vous éprouver par ce qu’Il vous a donné. Surpassez-vous en bonnes actions. C’est à Dieu que tous vous retournerez et Il vous éclairera sur l’objet de vos différends} al-Mâ’ida, 48 ; {Si Ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait fait des hommes une seule nation. Or, ils ne cessent de se dresser les uns contre les autres à l’exception de ceux auxquels ton Seigneur a fait miséricorde} Hûd, 118-119. Autrement dit : les gens ne cesseront pas de diverger quant à leur religion ou aux convictions relevant de leurs sectes, leurs confessions, leurs doctrines et leurs idéologies sauf ceux, parmi les disciples des Messagers, qui ont été touchés par la Miséricorde divine et qui se sont fait un devoir d’appliquer les commandements transmis par les Messagers de Dieu.[5] Dieu a créé les humains pour être différents et emprunter des voies différentes selon leurs convictions et leurs choix délibérés.

L’islam – contrairement aux autres spiritualités célestes – reconnaît l’Autre. Cette reconnaissance est même une condition sine qua non de la foi. Dieu dit : {L’Envoyé a cru à ce qui est descendu sur lui venant de son Seigneur, et les croyants de même. Chacun croit en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres et en Ses envoyés. Nous n’établissons pas de distinction entre Ses envoyés} al-Baqara, 285. Ce qui veut dire que les musulmans croient à tous les Prophètes et les Messagers, ainsi qu’à tous les Livres célestes révélés aux serviteurs de Dieu, les Envoyés et les Prophètes, en qui ils croient sans faire de différence ou de discrimination, croyant aux uns, démentant les autres ; bien au contraire, ils les jugent tous véridiques et sincères, bons et sages, éclairés et bien guidés, attachés à éclairer les humains et les conduire vers le bien et la vertu, même si certains d’entre ces élus viennent, non sans autorisation de la part de Dieu, abroger la loi de leurs prédécesseurs, jusqu’au moment où la totalité des législations se trouvèrent abrogées, une fois pour toutes, par la loi instaurée par Muhammad (sur lui la grâce et la paix), sceau des Prophètes et des Messagers, laquelle loi prévaudra jusqu’au jour de la Résurrection.[6]

Voyons maintenant ce qu’affirment les autres religions au sujet les unes des autres.

{Les Juifs disent : « Les Chrétiens ne s’appuient sur rien ! » Les Chrétiens disent : « Les Juifs ne s’appuient sur rien ! », alors que tous lisent le Livre} al-Baqara, 113.

{Et quand on leur dit : « Croyez à ce que Dieu a fait descendre », ils disent : « Nous croyons à ce qu’on a fait descendre à nous ». Et ils rejettent le reste, alors qu’il est la vérité confirmant ce qu’il y avait déjà avec eux.} al-Baqara, 91. C’est-à-dire : quand on demande aux gens du Livre d’ajouter foi aux préceptes révélés à Muhammad (sur lui la grâce et la paix) et de suivre son enseignement, ils répondent qu’ils s’en tiennent aux Ecritures qui leur ont été révélées, à savoir l’Evangile et la Thora, et rien d’autre que cela. Lors même que l’enseignement révélé à Muhammad (sur lui la grâce et la paix) est une vérité confirmatrice de la Bible.[7]

Les qualités éminentes du Prophète (sur lui la grâce et la paix)

Le Prophète (sur lui la grâce et la paix) a toujours été d’un comportement irréprochable, comme le mettent en exergue les faits de sa vie exposés dans les livres de la Sîra. Il a constamment personnifié l’idéal coranique et mis en œuvre les règles et les principes moraux coraniques auxquels il croyait, avec lesquels il fut envoyé et pour lesquels il faisait effort afin que les femmes et les hommes de tous horizons y adhèrent, transformant ainsi leur vie et réalisant le bonheur dans la vie basse et la vie dernière.

Commentant cette parole divine : {Et tu es certes, d’une moralité éminente} (68, 4) un groupe d’exégètes dit qu’elle signifiait : « tu es porté par un caractère éminent ». Sa‘d Ibn Hishâm a dit : « Je demandai à ‘Â’isha : « Ô Mère des Croyants, parle-moi des mœurs du Prophète  (sur lui la grâce et la paix). – Lis-tu le Coran ? me rétorqua-t-elle. – Oui, répondis-je. – Eh bien ! reprit ‘Â’isha, les mœurs du Prophète de Dieu (sur lui la grâce et la paix), c’était le Coran. » Ce hadîth signifie que la façon dont le Prophète (sur lui la grâce et la paix) appliquait les ordres et les interdits du Coran était devenue chez lui un caractère moral qu’il possédait à la place de ses traits naturels. Ce que le Coran ordonne, il le faisait ; ce qu’il interdit, il l’évitait. Et ce, outre les caractères moraux, tels la retenue, la générosité, le courage, la magnanimité et autres mœurs nobles que Dieu lui avait octroyés.

C’est fort de cette moralité coranique que le Prophète (sur lui la grâce et la paix) servit de parangon aux hommes. Dieu le décrit aussi dans la sourate al-Ahzâb, versets 45-46 en ces termes : {Ô Prophète ! Nous tavons envoyé comme témoin, comme annonciateur de bonne nouvelle et comme avertisseur, comme celui qui appelle à Dieu avec Sa permission, et comme un flambeau qui illumine.} Autrement dit : une lumière venant de Dieu par le truchement de laquelle les créatures se guident en suivant ses orientations, et s’extraient de l’obscurité de l’ignorance. Il apporte les preuves évidentes de ce qu’il dit. Par son biais, Dieu a dissipé les ténèbres du polythéisme et guidé les égarés.[8] Le Prophète (sur lui la grâce et la paix) est un flambeau (sirâj), or le flambeau non seulement éclaire mais peut également transmettre sa flamme et allumer d’autres flambeaux.[9]

« Le Prophète fut généreux, patient, noble et profondément humain dans le meilleur sens du mot ; d’aucuns nous feront sans doute remarquer que cela est bien beau, mais que c’est peu de chose ou la moindre des choses pour un fondateur de religion. Nous répondrons que, au contraire, cela est immense si ce fondateur a su inculquer ces qualités à ses disciples proches et lointains ; s’il a su faire de ses propres vertus les racines d’une vie spirituelle et sociale et leur conférer une vitalité qui traverse les siècles. Tout est là. »[10] Le Prophète (sur lui la grâce et la paix) est la preuve que l’homme coranique est possible, que l’islam est la religion qui épouse les attentes de la nature humaine


[1] L’Islam et l’Autre (Les non-musulmans au regard de l’islam), Ahmad al-Juhayni et Muhammad Mustafa, p.19 ; éditions al Bouraq, 2008.

[2] Idem, pp.24-25.

[3] Al-islâm wa al-Âkhar, Muhammad ‘Imâra, p.18, éditions Maktabat ash-Shurûq ad-Dawliyya, Egypte, 2002

[4] Ibid.

[5] Sahîh Tafsîr Ibn Kathîr, éditions Maison d’Ennour, vol. 2, pp.509-510.

[6] Sahîh Tafsîr Ibn Kathîr, vol. 1, pp.396-397.

[7] Sahîh Tafsîr Ibn Kathîr, vol. 1, pp.138-139.

[8] Voir l’explication de ce verset dans Anwâr at-Tanzîl wa asrâr at-Ta’wîl d’al-Baydâwî ; Jâmi‘ al-bayân fî tafsîr al-Qur’ân, d’at-Tabarî ; al-Kashshâf d’az-Zamakhsharî et Mafâtîh al-Ghayb d’ar-Râzî.

[9] Citations coraniques expliquées, Tayeb Chouiref, p.78.

[10] Frithjof Schuon, “Approches du phénomène religieux”, éd. Le Courrier du Livre, pp. 176-178.

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